lundi, 02 novembre 2009
Le femme à la fenêtre .
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samedi, 31 octobre 2009
Sur le chemin...
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samedi, 26 septembre 2009
Demain...
Pouvoir capter les reflets de lune sur la baie de Somme une nuit douce d'automne, comme un tableau de Soulages ;
Se balader dans les rues de Montmartre le coeur léger
S'asseoir une terrasse au milieu de la montée des escaliers
Commander un bon vin et deviser doucement dans le soir ;
Admirer les couleurs de l'automne vers le chêne à la Dame en respirant à pleins poumons l'humus de la terre bourguignonne
S'enfoncer dans le bois à la découverte des trompettes et pieds de mouton qui friront doucement plus tard
Dans les senteurs d'ail et de beurre frais, avant d'être dégustés avec un bon verre de Saint-Aubin ;
Rêver à la douceur de la vie, bercée par le vent, sous les frondaisons de la charmille
En regardant les écureuils danser leur sarabande innocente ;
Marcher dans le matin calme le long de la plage du Touquet le pied léger à jouer avec les vagues
S'arréter non loin du banc de sable où les mouettes se sont rassemblées, pour ne pas les déranger ;
Descendre doucement le regard portant loin, le chemin vers la plage de Beg Leguer à travers la caresse des fougères ;
Longer le chemin de ronde de la Rochelle das la lumière du soir en écoutant les bateaux quitter le port ;
Rêver...ne jamais oublier de rêver en regardant les nuages défiler dans leur cortège de formes familières devinées ;
Le coeur en paix, enfin ... demain .
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mardi, 15 septembre 2009
L'été s'en va...
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vendredi, 24 juillet 2009
Theos an einai....
Il arrivait à la nuit tombée, une chemise blanche sur un jean sans âge . Toujours à la même table, face à la mer, tournant le dos aux autres attablés, la lumière du photophore comme seule compagne . Pas besoin de commander, la retsina du tonneau et le soda arrivaient aussitôt, un seul verre . Il restait là, entouré de la fumée de sa cigarette, des malboro light, toujours, à regarder le lent ressac égéen, le regard portant loin, vers Kassandra. Les heures passaient ; autour de lui, la valse des assiettes, mezzé et ouzo, rires et discussions sans fin dans toutes les langues, et surtout le regard des femmes, qui coulaient vers lui mais ne l'atteignait pas . Dans l'air doux, l'odeur des olives mûrissantes mélée à celle de l'origan planté dans de vieux pots en ferraille, sensé éloigner la valse des moustiques . Dans la nuit étoilée s'élevait une voix, la voix de l'alma grecque, pleine de regrets et d'espoirs, envoûtante . Ses lèvres muettes accompagnaient les les lentes mélopées ,ses yeux tournés vers un ailleurs seul connu de lui . Ce soir-là, la lune apparut dans un halo rouge, to kokkinw fengari . Alors il se leva, et lentement, avec de gestes d'une élégance rare, accompagna cette voix unique, dans cette communion où les âmes déversent vers les étoiles leurs douleurs enfouies ...
Theos an einai...k'an m'agapei kaneis ...
Si Dieu existe....alors que quelqu'un m'aime ......
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mercredi, 15 juillet 2009
L'attente .
Les rires se sont tus, les mots envolés, chacun est reparti vers son ailleurs affairé . Bientôt les retrouver, s'asseoir à cette table de l'été, à l'ombre du figuier, et s'imprégner de leurs sourires, de leurs présences amies, et les regarder vivre, chacun cachant le mieux qu'il peut ses blessures . Parler avec esprit, et se moquer aussi, tout pour éviter les mots essentiels, ceux qui peuvent raviver les peines enfouies, ceux que l'on ne confie que rarement, au coeur de la nuit, quand les défenses se font moins denses, que les barrières érigées à grand peine s'entre-ouvrent, un verre de Bourgogne à la main, pour se donner du courage ,celui de se mettre un instant l'âme à nu, avant que la pudeur nous rattrape, et que se referment doucement les volets des vérités assassinées . Préserver ces instants, où chacun reprend des forces pour continuer la combat de sa vie, exister à tout prix, continuer le chemin, chacun pris dans les méandres d'existences tourmentées, mais lissées par la pudeur de la rectitude de soi . Être là, au bout de la table, à regarder et écouter ces êtres chers réunis dans la pause estivale, et se laisser bercer par la musique de leurs voix .
Ce temps va venir, demain ou plus tard .
Derrière le volet de bois à demi-baissé, la vie s'écoule doucement dans la petite ville assoupie, à moitié vidée de ses occupants, partis vers d'autres contrèes voir si le ciel est plus bleu . L'enfant grandi trop vite, qui a retrouvé son berceau égéen, auprès de la figure paternelle trop souvent absente, doit encore dormir, apaisé par le bruit de la mer toute proche, sous l'ombre des oliviers centenaires .
Une pause, les doigts sur le clavier, dociles, attendent, fébriles et patients à la fois, d'aligner les signes de pensées désordonnnées, qui veulent jaillir et hurler, mais qui seront une fois de plus adoucies par la peur de l'impudeur, à partager avec des inconnus ses pensées les plus intimes . Et pourtant ....
L'attente prend aux tripes, l'envie de vivre est là, tapie au creux de replis disgracieux, sous les rides infligées par le temps ; envie de rire, envie de partager, besoin profond de retrouver ces doux frémissements annonciateurs de plaisirs partagés, ceux qui suspendent le temps, souffles mélés, dans la légéreté d'une main qui s'avance, hésitante, vers un ailleurs désiré, où se perdre, pour essayer de rassembler ces fragments de vie épars, et se retrouver, dans la magie d'un instant fragile, être soi, encore une fois .
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vendredi, 03 juillet 2009
Les signes .
Les bancs sont rentrés, le ballon rouge abandonné, les hamacs décrochés et le linge sec ramassé . Les écureuils sont partis se cacher, et le chien s'est couché devant la cheminée . Les petits jouent dans la salle de bal, on entend leurs cris et leurs rires par les fenètres ouvertes . Une mélodie de Satie accompagne leurs ébats, c'est l'heure du piano . De la cuisine s'échappent les fumets prometteurs d'agapes dînatoires, les feuilles de la vigne vierge se balancent doucement, les yeux se ferment sur le livre entamé, tout est calme au château . Il suffit de se laisser bercer par le frémissement du vent, et déguster l'instant . Moment de répit, où le coeur et le corps battent à l'unisson de la vie . Un bourdonnement soudain, une lumière qui clignote, le charme est rompu . Le bras nonchalemment se tend, les pupilles s'ajustent ...Tu vas ? ... Un prénom presque enfin oublié, de tant de larmes versées, un lieu-dit " la belle idée", un matin de juillet . La gorge se noue, les pensées s'envolent vers ces quelques heures de bonheur volées, et tous ces mots échangés sur deux vies malmenées, qui trouvaient pour quelques heures des instants de paix . Des grondements sourds se rapprochent, des éclairs marbrent le ciel . Cà y est, il pleut .
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dimanche, 28 juin 2009
Sous le volcan .
I know the place
But it's all erased
You can't rectify me
You walk and you talk
Like it's nothing at all
But it can't rectify me
I know your name
For us it's the same
But it's nothing to me
Ya, I know the place
Where I fell; you've fallen
It's so tiring
Oh, never mind me
Going to find me a volcano that's all mine
Going to buy me a ladder I can't climb
Fall in love with a woman I can't find
Going to find me a volcano that's all mine
Well it's all in here
The wiring's weird
It's volcanoes I'm looking for
I was born to dive
I know the place
But it's all erased
You can't rectify me .
Pour Geoffrey Firmin .
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vendredi, 26 juin 2009
Il était une Foy...

Bousculades, éclats de rires, bonjour toi, t'es allé en cours aujourd'hui ? pff, trop fatigué d'hier soir, Manu y est allé pour tout le monde, il avait 8 carbones , j'te dis pas, illisible le cours de Tartenpion le bégue, mais bon, on fera avec, les partiels c'est dans un mois , on a le temps.
On fait quoi ce soir ? Attend, on décidera quand tout le monde sera là. Viiite, ils s'en vont au fond, ya enfin une table de libre, on peut prendre la chaise ? Merci . Cafés pour tout le monde ? non, moi je prends un demi ! Mais j'ai pas un rond, Phil ? tu paies pour moi et je te rembourse demain ? 5 cafés et un demi s'il vous plaît .
Quel concert hier soir !! Son impeccable! Comme sur leurs albums ! Carlos joue vraiment comme un dieu ! Le Brésil live en Anatolie !
Ana quoi ??
Ana...lphabéte !! Bon ,c'est pas le tout, on fait quoi ce soir ? Ya Easy rider qui repasse au Caméo. On y va ?
Bof, pas envie moi, ferais un bien un tarot cool .Mais pas au fric, suis fauché . Bon ,vous arrétez de vous bécoter vous deux, on cause !
Alors, vous décidez quoi ? Eh , t'écoute ? Au lieu de reluquer le mec des Beaux-arts, tu ferais mieux d'écouter c'qu'on dit . De toute façon, t'as aucune chance avec lui, il sait même pas que t'existes . Ils se mélangent pas à la masse, eux . C'est son tambourin sur la tête qui t'fais chavirer ? J'en achéte un demain si tu veux . Et pour la barbichette, pas de problème , faut juste que t'attende un mois et c'est bon .
T'as pas une clope ? J'irais en acheter tout à l'heure . T'écris quoi encore sur ton carnet ? montreee !! Tu te prends pour Beauvoir ou quoi ? Eh, t'es pas au Flore !
Bon, alors, on se l'fait ce tarot ?
Des annnées plus tard, un concert avec un avion sans ailes, un chanteur avec une barbichette et un drôle de galurin sur la tête ...
Il était une Foy .
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mercredi, 24 juin 2009
Strange .
La rue est presque vide. Le vent soulève un journal abandonné par un lecteur lassé, les corps se hâtent vers un ailleurs douillet . Il n'a pas froid, son grand corps enveloppé dans son manteau de cachemire si doux, et le coeur chaud de souvenirs qu'il croyait enfouis à jamais . Cette voix oubliée, dans le lointain de ses 20 ans, qui a ressurgie un matin de novembre . Se rencontrer, pourquoi pas . Dans ce café élégant, au parfum de l'ancien temps, l'Excel', comme avant .
Elle m'attendait alors, les cheveux en bataille, dans un de ces grands pulls informes qu'elle tricotait dans les trains, un paquet de gitanes sans filtre à portée, le petit noir, et son carnet, près du cendrier . Sur une des banquettes en moleskine, elle s'asseyait toujours à côté d'une fenêtre, pour me voir arriver disait-elle, et aussi pour regarder ce monde, qui la fascinait tant . Et nous nous retrouvions, ivres de cet amour éperdu, qui durerait à jamais, bien entendu .
Les balades à la Pépinière, le bouquiniste de la Grand-Rue, et surtout ce lit où nous passions des heures à inventer des gestes, des mots, seuls connus de nous, à lire aussi, beaucoup . Notre fille s'appellera Chloé, comme dans l'écume des jours, et si c'est un garçon, ce sera Jonathan, le goéland épris de liberté . Elle savait m'enchanter, et en elle je me perdais, en toute éternité . Chaque samedi, un rite : elle faisait semblant de dormir encore, et je descendais acheter les croissants au beurre de la boulangerie d'en dessous, et aussi et surtout le fanzine de ma jeunesse, celui aux super héros, que je dévorerai auprès d'elle, avec le même appétit que la vie .
Je pousse la porte à tambour, elle existe toujours . Il n 'y a plus cette atmosphère enfumée d'alors, mais je retrouve cette odeur du passé . J'ai les mains qui tremblent . Le long bar, derrière lequel s'empressent toujours des garçons affairés, les tables polissèes par tant de coudes posés, pour moi rien n'a changé . Je traverse la salle d'un pas décidé, pour ne rien laisser paraître de l'effroi qui me transperce... Elle n'est pas là . L'émotion retombe, un vide m'étreint . Je me pose dans un coin, et je l'attends .
Ici un couple d'étudiants, une pile de livres posée entre eux ; ils rient, leurs doigts se croisent, ils sont heureux . Plus loin, un vieux monsieur, le Monde ouvert devant lui, sirote un anis dans un verre au col évasé . Là, une mère et sa fille au vu de leurs visages reflets, déballent leurs derniers achats, une écharpe rose pour la jeunette, des gants de pécari pour sa géntirice . Près d'une grande baie, une femme entre deux âges, comme on dit . De longues cernes trahissent ses nuits sans sommeil, le cheveu triste, égayé à peine par une barette de bois, empêtrée on dirait, dans des couches adipeuses, qu'elle a essayé vainement de dissimuler dans une robe de laine informe ; son regard triste est ailleurs .
J'attends. Je l'attends . Poussera-t-elle le battant ou bien, consciente qu'il est vain d'essayer de revivre le passé, elle a pris peur et s'est enfuie ... Je l'attends encore, comme je l'ai espérée, si longtemps, bien avant .
Elle ne viendra pas . Elle ne me charmera plus de son sourire si doux, de ses courbes affolantes, me murmurant son amour pour moi, comme avant . Je me lève et je quitte ce possible demain qui ne sera pas, je vais retourner vers mon présent .
Je longe le café de mon espoir déçu, et je croise le regard de la femme à la fenêtre . Devant elle, posé à côté de sa tasse, un magazine . Sur la couverture, un surfer d'argent . Sans le voir, j'en connais le titre : Strange .
Je me hâte, car il fait trop froid .
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