lundi, 23 novembre 2009

La femme à la grille .

 

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Des pas dans la cour, un voisin part travailler . Aucun autre bruit extérieur ; il est trop tôt pour percevoir la cacophonie des voitures dans la rue toute proche, et les oiseaux ont l'air de dormir encore . Les fenêtres sont fermées, il commence à faire frais le matin, on est en novembre . Le ronronnement du ventilateur de l'ordinateur accompagne le tap-tap léger des doigts sur le clavier, l'esprit et le corps s'éveillent doucement . Ecrire, écrire encore . Les idèes se bousculent : la tranche de jambon  ? autre titre possible, la Moderne ? Non pas aujourd'hui, l'humeur n'est pas à la légéreté . Ce sera pour une autre fois . Un commentaire lu sur la femme à sa fenêtre et les mots se bousculent . Répondre, répondre vraiment . Ne plus se cacher derrière des mots, lègers, pour oublier la médiocrité de certains moments de l'existence . Trouver une photo qui illustrera cette réponse, photo-symbole des pensées présentes . Très vite, comme à chaque fois, une image, parmi les centaines engrangées, s'impose . Alors les mots se bousculent . Point de poésie, ni de métaphores, oser la vérité .

Dérrière elle,sur la photo,une douce nuit sévilllane, un jour d'octobre d'il y a peu de temps . Des amies toutes proches ; escapade féminine pour quelques jours, faites de rires de discussions sans fin sur les hommes, les enfants, sur nos vies, sur la vie, attablées aux terrasses de bodegas accueillantes . Huit jours de liberté emplies de beautés espagnoles et d'amitié francophones . Avant de retourner chacune dans nos  quotidiens, chacune avec son lot de joies et de peines .

Quel symbole cette grille à laquelle elle s'accroche, la nuit dans son dos, la lumière devant elle . Barrière bien réelle  sur l'instant, barrière symbolique dans sa vie . Devant ses yeux la beauté d'un patio magnifique, meublé de vieux meubles cirés ,ordonnés avec goût, dans une profusion de plantes qu'une main attentive doit soigner avec amour, un intérieur où elle se verra bien vivre, mais ce n'est pas le sien .

Depuis longtemps, aussi loin qu'elle se rappelle, elle a joué à "Ma maison préférée" : durant les si longs, (dans sa mesure du temps de l'enfance) trajets en voiture vers le lieu des vacances scolaires, pour s'occuper, assise près de la fenètre, à l'arrière de la voiture familiale, dans chaque village ou ville traversés, elle repérait La maison, celle où elle aimerait vivre, à ce moment-là, ou un jour, plus tard .  Ce jeu d'enfant lui est resté . Elle cherche encore la maison où elle vivrait enfin en paix . Elle l'avait trouvé, face à la mer, mais elle en a été chassée, petit à petit . Et un matin de juillet, elle en est partie, son enfant serré dans ses bras .

Cet enfant, qui souriait même en dormant, qui souriait à chaque instant de sa vie, était grave ce jour-là, et depuis il a moins souri . Elle aussi . Elle avait découvert la cruauté dans son intimité, et même la haine . Elle a lutté, jour après jour, année aprè année, pour préserver un peu d'humanité, pour essayer de protéger l'essentiel à ses yeux, le bonheur d'une vie simple pour un enfant, entre ses parents . Elle a échoué, peu préparée à se battre contre la bétise et l'ignorance, l'égoïsme de certains êtres, qui ne pensaient qu'à préserver leurs coutumes et leurs croyances . On a essayé de la transformer, de la plier aux régles en vigueur, dans ce pays coincé entre orient et occident, que l'on dit byzantin . Elle a lutté jusqu'au bout de ses forces, mais ses forces étaient plus limitées qu'elle ne le croyait, et elle a du se résoudre à partir,  un matin de juillet .

Les années ont passé . L'enfant a grandi, comme il a pu, amputé d'une moitié de lui, dans un pays qui n'était pas le sien, mais celui de sa mère . Aujourd'hui encore, il n'est pas guéri de ses blessures d'enfant, et il s'évade, dans des mondes virtuels, où c'est lui qui décide, où il maîtrise chaque action . Il rectifie et corrige selon sa volonté, un monde qu'il croit avoir créé, alors que ce n'est qu'un artifice de plus pour mieux le conditionner pour demain . Mais comment dire à un grand dadais de dix-huit ans, empétré dans sa grand carcasse d'adulte en devenir ,qu'il se fourvoie, et qu'il est grand temps de changer de chemin, parce que celui-ci se  rétrécit dèjà, mais qu'il n'est pas trop tard ?

Comment lui dire qu'il est encore temps de choisir sa vie, que demain sera ce qu'il en décidera, qu'il suffit que lui  décide, et qu'il ne faut surtout pas se laisser porter par les événements, ni laisser les autres décider à sa place, mais se battre chaque jour pour conquérir sa liberté d'homme juste ?

Les adolescents d'aujourd'hui sont au fait du monde qui les entoure . A leur âge, je révais, tout était possible, je voulais changer le monde ,et je croyais que c'était possible . Discussions sans fin, pétitions, manifestations et luttes enthousiastes pour un monde meilleur, où il n'y aurait plus de guerres, où jamais plus un enfant ne mourrait sous les décombres de sa maison détruite par les missiles de pays conquérants, avides de richesses pétrolières ou minières ;  dans un monde où chacun pourrait manger à sa faim, parce qu'enfin, on avait décidé de partager les ressources alimentaires et que l'adage : " il faut que la moitié du monde crève de faim, pour que l'autre ait trop à manger " soit oublié .

Que voient-ils aujourd'hui ?  Un monde qui n'a pas changé . Les rêves de leurs parents se sont écroulés, ils ont échoué, car le pouvoir de l'argent reste le plus fort . Leur aînés ont vieilli, et sont lassés de lutter . Oh, ils se bagarrent encore, bien sûr, mais ils n'y croient plus, vraiment, et ils ont honte du monde dont leurs enfants vont hériter . Les adolescents d'aujourd'hui sont surinformés, ils zappent comme on dit . Ils ont bien raison de zapper .

Que voient-ils donc ?  Un mur s'est écroulé, il y a  vingt ans, dont on a fêté la destruction avec des dominos,,symboles qui s'écroulaient sous la poussée du vent ... ; mais un autre mur se construit sous leurs yeux, plus sûrement que jamais, en  toute impunité, enfermant  dans la misère des enfants qui n'ont que des pierres pour manifester leur désespoir . Ils entendent parler d'une jeune africaine de treize ans violée par des miliciens drogués, ou ivres jusqu'aux yeux, mise dan un trou et lapidée jusu'à la mort ; ils voient le corps d'un ado brésilien de leur âge, qui a eu la malchance de naître dans une favela, criblé de balles par d'autres ados de son âge pour quelques grammes de drogue,dans les bras de sa mère en larmes, pauvre piéta qui sera oubliée très vite, par la jungle  des médias, seulement préoccupés par le sensationnel qui fera vendre encore et encore .

Ils vivent dans un pays qui semble uniquement préoccupé par une main malencontreuse, alors qu'il faudrait lever le poing pour crier sa rage de savoir que des enfants vont bientôt ne manger que de la junk-food, ou qu'ils vont devoir quitter la maison de leur enfance parce que leurs parents n'ont plus de moyens financiers, chassés de leurs emplois au nom de la sacro-sainte rentabilité de nos économies dites libérales, libérales dans le sens" libérons-nous des régles sur les marchés afin de faire encore plus de profits " .

Que voient-ils sur leurs écrans ? Un monde dans lequel ils vivent,  mais dans lequel ils ne se reconnaissent pas  et dont ils ne veulent pas . Faire des études ? Quelles études ? Ah oui !!  Quatre vingt pour cent d'une classe d'âge doivent avoir le bac, et si possible faire des "études" à bac plus deux .

Et pourquoi donc ? Aller d'emploi précaire en emploi précaire, au nom du fait qu'ils n'ont pas d'expérience ? Trimer pendant des années pour faire comme leurs parents, juste payer les factures et toujours plus d'impôts, dans un pays où les classes aisées méprisent les pauvres et les personnes agées, où seuls comptent les montres bling-bling et les signes apparents de richesse, dans un pays où bientôt on encouragera la délation, et où l'on espionne ceux qui essaient de se battre pour plus d'égalité et de justice ?

La liste est longue, et ma colère est grande, enfermée, seule que je suis, comme tant de femmes trahies par des hommes peu respecteux et égoïstes, seule dans ma nuit, derrière cette grille symbolique, que je voudrais ouvrir, pour aller vers la lumière .

Je voudrais prendre à deux mains ma grille à moi, faite de programmes scolaires imbéciles, loin des réalités des ados d'aujourd'hui, ces ados dont certains croient se révolter en insultant leurs professeurs, qui essaient juste de leur transmettre leurs savoirs, pour essayer de leur faire comprendre qu'il faut agir, travailler soi-même pour devenir des femmes et des hommes libres de leurs pensées, pour ne pas être asservis . Je voudrais pouvoir oublier les factures qui s'accumulent, les agios qui grossissent, chiffres alignés, symboles d'une société qui ne respecte que les comptes en banque confortables, irrespectueux des situations oh combien quotidiennes de ceux qui sont seuls, et qui n'ont rien, rien que leurs deux mains, et leur courage, parfois défaillant, pour assurer le quotidien de leurs enfants .

La femme à sa fenêtre va retourner dans son quotidien, privilégié dans le sens où elle a un emploi stable ; elle va retourner à ses copies, qui, une fois de plus vont la désespérer de tant de bétises lues, écrites par des ados qui n'ont pas choisi d'être là où ils sont, dans des classes surchargées, à ingurgiter des connaissances qui n'intéressent pas la plupart d'entre eux, empétrés qu'ils sont, avec leurs sacs à dos lourds dèjà des erreurs de leurs ainés, qui ont choisi pour eux le lieu où ils sont, dont ils ne veulent pas, mais dans lequel ils n'ont dèjà plus le choix, sinon de s'évader, par leurs fenêtres à eux, écrans vers un monde qu'ils croient meilleur,  mais qui malheureusement, mais ils ne le savent pas encore, sera pire encore .

La femme à sa fenêtre continue de rêver, mais elle sait que la grille ne s'ouvrira peut-être jamais . Mais elle veut y croire,  encore et encore, ne serait-ce que pour la lumière . Cette lumière, qu'elle voit parfois briller, dans les yeux de son enfant qui grandit, elle voudrait qu'elle irradie un jour, dans un monde meilleur, où la vie sera enfin respectée, en toute humanité .

 

 

 

dimanche, 08 novembre 2009

Spleen

 

Xaris Alexiou .

 

Il pleut sur la ville ce samedi de novembre . La place se vide, midi a sonné depuis un moment au carillon de la basilique . A la terrasse, deux amies  papotent devant un kir à la framboise. Un jeune homme  parle tout seul, son molosse a l'air placide à ses pieds . La façade hollandaise aux douces ondulations côtoie, stoïque, la maison champenoise aux pans de bois . Le pain est chaud dans le panier, invitation à grignoter . Une dame bien coiffée tente de se protéger des gouttes insistantes, un sachet plastique sur la tête, en courant mal assurée sur ses talons trop élévés . Indifférents à sa détresse deux amoureux s'étreignent devant la vitrine du photographe, où sourient niaisement des mariés trop apprétés . Un tout jeune homme passe,en t-shirt, son sac à dos d'étudiant sur l'épaule. Pour lui, foin de pluie, il dégouline, mais il s'en moque, il est ailleurs. Sous l'auvent, d'incorrigibles fumeurs, trois hommes, face à face en un cercle complice, parlent une langue aux intonations slaves . Leurs mots semblent une longue mélopée aux oreilles non exercées à ces syllabes gutturales . Les génes ancestraux remontent à la surface, c'est du polonais on dirait . La pluie redouble sur la toile de l'auvent, égrénant ses percussions automnales . Le thé, longuement infusé, réchauffe et nettoie des excés de la veille . Encore un autre de ces héritages ancestraux, comme ce spleen du samedi matin, à la terrasse du café .

 

 

lundi, 02 novembre 2009

Le femme à la fenêtre .

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Salvador Dali .

Depuis toujours elle est ailleurs . Face à la mer, son esprit s'évade vers des contrèes connues d'elle seule . Son regard porte loin, son esprit vagabonde, elle attend . Accoudée à sa fenêtre, elle respire la liberté de possibles imaginés, là-bas, ou ici, pourquoi pas . Son corps s'est alourdi des peines accumulées, chagrins immenses dont les traces se sont imprimées en elle, blessures indicibles infligées par des hommes maladroits .
Souvent, elle a failli abdiquer de tant de méchancetés, mais la vie à chaque fois fut plus forte, et elle a su retrouver des fragments de son âme d'enfant . Une enfant qui parlait aux fleurs et aux chevaux, qui regardait le soleil droit dans les yeux et qui s'inventait un monde fait d'entrechats, de légéreté, de sourires et de mots comme des caresses, un monde où régnaient la beauté et la douceur .
Le temps a passé, les entrechats se sont envolés, les pas sont moins assurés, le corps moins léger . Une pluie fine à sa fenêtre lui parle de l'automne, de mélancolie et de solitude . Et pourtant, elle veut encore regarder à sa fenêtre les grands arbres qui se balancent dans les gouttes, imaginer la pluie sur la mer, et encore rêver à un demain où enfin, elle pourra saisir à pleines mains les doigts du bonheur .

samedi, 31 octobre 2009

Sur le chemin...

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Sur le chemin...des mots ...qui se transforment au gré du clavier...
Et soudain envie...devient enive...et il ne manque... qu'un air... ou deux r pour.... l'enivrer .
Les mots se laissent plus facilement apprivoiser que les hommes .
Mais ils s'échappent parfois, disparaissant brusquement au gré des dysfonctionnements... les mots ... comme les hommes ...
Ils surprennent aussi... quelques secondes d'inattention et la magie surgit...parfois ....
Sur le chemin... au détour d'un sentier...la beauté aussi surgit....une lande quasi désertique...le faing...balayé par un vent vif qui rosit les joues, au sommet d'une colline vosgienne, un jour d'automne .
Sur le chemin...un musée au nom italien.... au pied des Alpes vaudoises...et une étreinte...dans le jardin....celle de Rodin....devant laquelle on s'attarde....
Sur le chemin anatolien ...dans la nuit....des grues cendrées, en route vers des contrèes plus clémentes, qui manifestent leur présence...magie de la nature au milieu de la ville endormie....
Sur  le chemin...sentir en imagination l'odeur du varech...voir une plage au petit matin...s'y promener en révant ...
Sur le chemin ...mais.... quel chemin ?


samedi, 26 septembre 2009

Demain...

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Pouvoir capter les reflets de lune sur la baie de Somme une nuit douce d'automne, comme un tableau de Soulages ;

Se balader dans les rues de Montmartre le coeur léger

S'asseoir une terrasse au milieu de la montée des escaliers

Commander un bon vin et deviser doucement dans le soir ;

Admirer les couleurs de l'automne vers le chêne à la Dame en respirant à pleins poumons l'humus de la terre bourguignonne

S'enfoncer dans le bois à la découverte des trompettes et pieds de mouton qui friront doucement plus tard

Dans les senteurs d'ail et de beurre frais, avant d'être dégustés avec un bon verre de Saint-Aubin ;

Rêver à la douceur de la vie, bercée par le vent, sous les frondaisons de la charmille

En regardant les écureuils danser leur sarabande innocente ;

Marcher dans le matin calme le long de la plage du Touquet le pied léger à jouer avec les vagues

S'arréter non loin du banc de sable où les mouettes se sont rassemblées, pour ne pas les déranger ;

Descendre doucement le regard portant loin, le chemin vers la plage de Beg Leguer à travers la caresse des fougères ;

Longer le chemin de ronde de la Rochelle das la lumière du soir en écoutant les bateaux quitter le port ;

Rêver...ne jamais oublier de rêver en regardant les nuages défiler dans leur cortège de formes familières devinées ;

Le coeur en paix, enfin ... demain .

 

 

 

 

 

 

 

 

 

mardi, 15 septembre 2009

L'été s'en va...

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Chacun s'en est retourné dans ses occupations alimentaires, vers le sud, le nord ou l'est .. Eparpillés ici et là, préoccupés par les horaires, les contingences matérielles, les cours à préparer, le chariot de supermarché à remplir pour nourrir la maisonnée., tout va trop vite...peu de temps pour soi...tout noter pour ne rien oublier ... flûte ...les impôts à payer ...welcome back home ..
Mais l'envie soudain de faire une pause, voler quelques instants au temps...tout arréter ...
Se souvenir des moments passés autour de la table...Pfff...qu'il fait chaud aujourd'hui...comment ça les tuiles ne seront là que demain  !!! ..... Qui veut du café ? ... Oh ! regardez, elle dort .... Les voix se font  plus douces ... les bruits de tasse plus feutrés....on est bien....Qui ose parler de la rentrée ??.... il est bon ce morgon...tu l'as trouvé où ? ....allez...moi, je fais une petite sieste avant de remonter sur le toit .... t'as raison, moi aussi....
C'est encore l'été .... les derniers jours avant de repartir.....là-bas....ici...
Ici, le ciel a décidé de faire grise mine, mais l'air reste doux...et l'envie est là...de retrouver les mots amis....quelques instants de beauté....des moments de paix... juste pour être bien....ce matin....même si l'été s'en va....
Envie de revoir la mer... Je pense à toi Ariaga .

vendredi, 24 juillet 2009

Theos an einai....




Il arrivait à la nuit tombée, une chemise blanche sur un jean sans âge . Toujours à la même table, face à la mer, tournant le dos aux autres attablés, la lumière du photophore comme seule compagne . Pas besoin de commander, la retsina du tonneau et le soda arrivaient aussitôt, un seul verre . Il restait là, entouré de la fumée de sa cigarette, des malboro light, toujours, à regarder le lent ressac égéen, le regard portant loin, vers Kassandra. Les heures passaient ; autour de lui, la valse des assiettes, mezzé et ouzo,  rires et discussions sans fin dans toutes les langues, et surtout le regard des femmes, qui coulaient vers lui mais  ne l'atteignait pas . Dans l'air doux, l'odeur des olives mûrissantes mélée à celle de l'origan planté dans de vieux pots en ferraille, sensé éloigner la valse des moustiques . Dans la nuit étoilée s'élevait une voix, la voix de l'alma grecque, pleine de regrets et d'espoirs, envoûtante . Ses lèvres muettes accompagnaient les les lentes mélopées ,ses yeux tournés vers un ailleurs seul connu de lui . Ce soir-là, la lune apparut dans un halo rouge, to kokkinw fengari . Alors il se leva, et lentement, avec de gestes d'une élégance rare, accompagna cette voix unique,  dans cette communion où les âmes déversent vers les étoiles leurs douleurs enfouies ...

Theos an einai...k'an m'agapei kaneis ...

Si Dieu existe....alors que quelqu'un m'aime ......

mercredi, 15 juillet 2009

L'attente .

 

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Les rires se sont tus, les mots envolés, chacun est reparti vers son ailleurs affairé . Bientôt les retrouver, s'asseoir à cette table de l'été, à l'ombre du figuier, et s'imprégner de leurs sourires, de leurs présences amies, et les regarder vivre, chacun cachant le mieux qu'il peut ses blessures . Parler avec esprit, et se moquer aussi, tout pour éviter les mots essentiels, ceux qui peuvent raviver les peines enfouies, ceux que l'on ne confie que rarement, au coeur de la nuit,  quand les défenses se font moins  denses, que les barrières érigées à grand peine s'entre-ouvrent, un verre de Bourgogne à la main, pour se donner du courage ,celui de se mettre un instant  l'âme à nu, avant que la pudeur nous rattrape, et que se referment doucement les volets des vérités  assassinées . Préserver ces instants, où chacun reprend des forces pour continuer la combat de sa vie, exister à tout prix, continuer le chemin, chacun pris dans les méandres d'existences  tourmentées, mais lissées par la pudeur de la rectitude de soi . Être là, au bout de la table, à regarder et écouter ces êtres chers réunis dans la pause estivale, et se laisser bercer par la musique de leurs voix .

Ce temps va venir, demain ou plus tard .

Derrière le volet de bois à demi-baissé, la vie s'écoule doucement dans la petite ville assoupie, à  moitié vidée de ses occupants, partis vers d'autres contrèes voir si le ciel est plus bleu . L'enfant grandi trop vite, qui a retrouvé son berceau égéen, auprès de la figure paternelle trop souvent absente, doit encore dormir, apaisé par le bruit de la mer toute proche, sous l'ombre des oliviers centenaires .

Une pause, les doigts sur le clavier, dociles, attendent, fébriles et patients à la fois, d'aligner les signes de pensées désordonnnées, qui veulent jaillir et hurler, mais qui seront une fois de plus adoucies par la peur de l'impudeur, à partager avec des inconnus ses pensées les plus intimes . Et pourtant ....

L'attente prend aux tripes, l'envie de vivre est là, tapie au creux de replis disgracieux, sous les rides infligées par le temps ; envie de rire, envie de partager, besoin profond de retrouver ces doux frémissements annonciateurs de plaisirs partagés, ceux qui suspendent le temps, souffles mélés, dans la légéreté d'une main qui s'avance, hésitante, vers un ailleurs désiré, où se perdre,  pour essayer de rassembler ces fragments de vie épars, et se retrouver, dans la magie d'un instant fragile, être soi, encore une fois .

 

vendredi, 03 juillet 2009

Les signes .

 

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Les bancs sont rentrés, le ballon rouge abandonné, les hamacs décrochés et le linge sec ramassé . Les écureuils sont partis se cacher, et le chien s'est couché devant la cheminée . Les petits jouent dans la salle de bal,  on entend leurs cris et leurs rires par les fenètres ouvertes . Une mélodie de Satie accompagne leurs ébats, c'est l'heure du piano . De la cuisine s'échappent les fumets prometteurs d'agapes dînatoires, les feuilles de la vigne vierge se balancent doucement, les yeux se ferment  sur le livre entamé, tout est calme au château . Il suffit de se laisser bercer par le frémissement du vent, et déguster l'instant .  Moment de répit, où le coeur et le corps battent à l'unisson de la vie . Un bourdonnement soudain, une lumière qui clignote, le charme est rompu . Le bras nonchalemment se tend, les pupilles s'ajustent ...Tu vas ?  ... Un prénom presque enfin oublié, de tant de larmes versées, un lieu-dit " la belle idée", un matin de juillet . La gorge se noue, les pensées s'envolent vers ces quelques heures de bonheur volées, et tous ces mots échangés  sur deux vies malmenées, qui trouvaient pour quelques heures des instants de paix . Des grondements sourds se  rapprochent, des éclairs marbrent  le ciel . Cà  y est, il pleut .

 

 

dimanche, 28 juin 2009

Sous le volcan .



I know the place
But it's all erased
You can't rectify me

You walk and you talk
Like it's nothing at all
But it can't rectify me

I know your name
For us it's the same
But it's nothing to me

Ya, I know the place
Where I fell; you've fallen
It's so tiring

Oh, never mind me

Going to find me a volcano that's all mine
Going to buy me a ladder I can't climb
Fall in love with a woman I can't find
Going to find me a volcano that's all mine

Well it's all in here
The wiring's weird
It's volcanoes I'm looking for
I was born to dive

I know the place
But it's all erased
You can't rectify me .

Pour Geoffrey  Firmin .

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