vendredi, 24 juillet 2009

Theos an einai....




Il arrivait à la nuit tombée, une chemise blanche sur un jean sans âge . Toujours à la même table, face à la mer, tournant le dos aux autres attablés, la lumière du photophore comme seule compagne . Pas besoin de commander, la retsina du tonneau et le soda arrivaient aussitôt, un seul verre . Il restait là, entouré de la fumée de sa cigarette, des malboro light, toujours, à regarder le lent ressac égéen, le regard portant loin, vers Kassandra. Les heures passaient ; autour de lui, la valse des assiettes, mezzé et ouzo,  rires et discussions sans fin dans toutes les langues, et surtout le regard des femmes, qui coulaient vers lui mais  ne l'atteignait pas . Dans l'air doux, l'odeur des olives mûrissantes mélée à celle de l'origan planté dans de vieux pots en ferraille, sensé éloigner la valse des moustiques . Dans la nuit étoilée s'élevait une voix, la voix de l'alma grecque, pleine de regrets et d'espoirs, envoûtante . Ses lèvres muettes accompagnaient les les lentes mélopées ,ses yeux tournés vers un ailleurs seul connu de lui . Ce soir-là, la lune apparut dans un halo rouge, to kokkinw fengari . Alors il se leva, et lentement, avec de gestes d'une élégance rare, accompagna cette voix unique,  dans cette communion où les âmes déversent vers les étoiles leurs douleurs enfouies ...

Theos an einai...k'an m'agapei kaneis ...

Si Dieu existe....alors que quelqu'un m'aime ......

Commentaires

Riche page sur les sensations noctures. Nos perceptions habituelles sont liées à la vue des choses. Si on la supprime, on entre dans quelque chose de plus sensible - odeurs, sons, touchers - quelque chose d’exacerbé.

L’homme a rêvé de repousser la nuit pour repousser les bêtes sauvages et les monstres surtout ceux de son âme.

La nuit des villes est comme un théâtre. Une fois les portes fermées et l’espace sécurisé, on met la lumière et de nouveaux acteurs apparaissent.

On aimerait revoir cet homme de la nuit et celle qui attend, parle et espère…

Ecrit par : Leopold BLOOM | samedi, 25 juillet 2009

Je ne connaissais pas, c'est très joli...bonne journée anneleau...

Ecrit par : le Pierrot | lundi, 27 juillet 2009

Splendides cet instant, cette ambiance.

Ecrit par : liam | mercredi, 05 août 2009

ben alors ? t'es où ? encore en congés ? ra la la...

Ecrit par : le Pierrot | dimanche, 16 août 2009

Si l'amour n'existait pas c'est que dieu serai absent.

Ecrit par : ariaga | dimanche, 23 août 2009

L'amour infini qui est porté en chacun de nous est une présence divine. Si tu soulèves une pierre...il est là. A l'envolée d'un oiseau... il est là.Dans les ressacs des vagues ...il est là. Veritas in vivus.

Ecrit par : armooness | vendredi, 04 septembre 2009

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