mercredi, 15 juillet 2009

L'attente .

 

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Les rires se sont tus, les mots envolés, chacun est reparti vers son ailleurs affairé . Bientôt les retrouver, s'asseoir à cette table de l'été, à l'ombre du figuier, et s'imprégner de leurs sourires, de leurs présences amies, et les regarder vivre, chacun cachant le mieux qu'il peut ses blessures . Parler avec esprit, et se moquer aussi, tout pour éviter les mots essentiels, ceux qui peuvent raviver les peines enfouies, ceux que l'on ne confie que rarement, au coeur de la nuit,  quand les défenses se font moins  denses, que les barrières érigées à grand peine s'entre-ouvrent, un verre de Bourgogne à la main, pour se donner du courage ,celui de se mettre un instant  l'âme à nu, avant que la pudeur nous rattrape, et que se referment doucement les volets des vérités  assassinées . Préserver ces instants, où chacun reprend des forces pour continuer la combat de sa vie, exister à tout prix, continuer le chemin, chacun pris dans les méandres d'existences  tourmentées, mais lissées par la pudeur de la rectitude de soi . Être là, au bout de la table, à regarder et écouter ces êtres chers réunis dans la pause estivale, et se laisser bercer par la musique de leurs voix .

Ce temps va venir, demain ou plus tard .

Derrière le volet de bois à demi-baissé, la vie s'écoule doucement dans la petite ville assoupie, à  moitié vidée de ses occupants, partis vers d'autres contrèes voir si le ciel est plus bleu . L'enfant grandi trop vite, qui a retrouvé son berceau égéen, auprès de la figure paternelle trop souvent absente, doit encore dormir, apaisé par le bruit de la mer toute proche, sous l'ombre des oliviers centenaires .

Une pause, les doigts sur le clavier, dociles, attendent, fébriles et patients à la fois, d'aligner les signes de pensées désordonnnées, qui veulent jaillir et hurler, mais qui seront une fois de plus adoucies par la peur de l'impudeur, à partager avec des inconnus ses pensées les plus intimes . Et pourtant ....

L'attente prend aux tripes, l'envie de vivre est là, tapie au creux de replis disgracieux, sous les rides infligées par le temps ; envie de rire, envie de partager, besoin profond de retrouver ces doux frémissements annonciateurs de plaisirs partagés, ceux qui suspendent le temps, souffles mélés, dans la légéreté d'une main qui s'avance, hésitante, vers un ailleurs désiré, où se perdre,  pour essayer de rassembler ces fragments de vie épars, et se retrouver, dans la magie d'un instant fragile, être soi, encore une fois .

 

Commentaires

Je rapproche ce texte de "Blow-Up" d’Antonioni.
On peut faire cela sans passer pour un crétin ou un prétentieux. Les questions du rapport entre réalité et illusion percutent tout un chacun.

L’apaisement et le calme absolus du parc, - Antonioni a repeint l’herbe verte - , nécessaires au héros, masquent la mort qu’il n’avait pas envisagée.
Que Jane soit dans ce film un elfe dans sa beauté originelle redit que le paradis ou son idée a toujours existé et ne meurt pas.

Ecrit par : Geoffrey FIRMIN | vendredi, 17 juillet 2009

---> Bonjour chère Anne,

Il me semble sentir ici une douce envie de laisser s’exprimer tes pensées pour raviver entre les mots la réalité de la vie où le monde semble vaquer à ses occupations estivales pendant que d’autres tentent de trouver le chemin de l’authentique partage, la véritable amitié qui permettrait au cœur de s’épancher en toute simplicité dans la permanence de l’instant. Je peux me tromper, mais j'aurai eu au moins le plaisir et la joie de vivre cet instant...

Bien tendrement, Jack qui t'envoie un sourire garni d'amitié.

Ecrit par : © Jack MAUDELAIRE | samedi, 18 juillet 2009

Un très beau texte qui me touche dans la profondeur. Bises.

Ecrit par : ariaga | mardi, 21 juillet 2009

la jardiniere des mots ,semeuse de lettres de signes savamment melanges deviennent phrases colorees pour les massifs fleuris du langage ecrit.

Ecrit par : lecracleur | vendredi, 24 juillet 2009

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