dimanche, 13 juin 2010

Vivant poème .

 

No comment ...

lundi, 31 mai 2010

le vieux pêcheur

 

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Le vieux pêcheur

 

Rendez-vous au Luco, neuf heures et  demie, lui avait-il dit. Le TGV la dépose à Paris, il est très tôt, les hommes d'affaires sont déjà affairés. Le parvis de la gare de l'Est est inondé de soleil, prometteur d'une journée superbe. Arrivée au jardin du Luxembourg, un kiosque est ouvert, des odeurs de croissants chauds chatouillent ses narines, un serveur encore endormi balaie la terrasse, deux femmes sont attablées dans un rai de soleil encore timide, elles parlent espagnol ; elle s'attable, un thé à la bergamote avec une rondelle de citron chatouille ses narines d'une odeur délicate, une boule se forme à l'intérieur de son estomac. Encore une heure à attendre, émotion exponentielle. Se calmer, sinon ses jambes ne la porteront jamais jusqu'au bassin, si proche. Respirer...calmement...avant, avant de le rencontrer. Elle décide de marcher, pour tromper l'attente angoissante. Des jardiniers composent une symphonie de couleurs chatoyantes dans les parterres du Sénat, des joggeurs passent devant eux, leurs écouteurs vissés aux oreilles, indifférents. Son esprit vagabonde.

Presqu'un an d'échanges. Ses mots l'ont tout d'abord encouragée, à écrire, encore et encore. Elle s'est surprise à guetter chaque jour ses billets, déçue quand il n'y avait rien de lui.  Ses envois sont devenus privés, échanges littéraires au début, remarques intelligemment distillées, puis bribes de soi, puzzle à reconstituer patiemment, délivrées par la magie de la toile. Séduite, par ses mots bordés d'écume finistérienne, par sa personnalité qui transperçait, un savoir ancien, riche de ses différentes  vies, plongées sans apnée dans l'Histoire et ses soubresauts.

Il est assis là, depuis longtemps déjà, son éternel chapeau noir vissé sur la tête. Emotions, palpables. Première rencontre des corps, timidités, prégnantes. La conversation, d'abord hésitante, se fait plus sûre, le dialogue entamé depuis longtemps reprend, naturellement, alors que rien ne l'est, en ces instants volés à leurs vies.

Allons vers les quais, lui propose-t-il. Ils marchent côte à côte, encore très intimidés par leur audace. Les portes de l'Ecole de Médecine sont fermées. Rue de Buci, la pâtisserie où elle venait, l'année de ses vingt ans, confiante en chaque minute de la vie, acheter les meilleures tartes au citron de Paris, n'existe plus.  Ils longent le quai Conti. Des péniches sont amarrées le long de la Seine, choix judicieux de  parisiens amoureux de la grande Dame. Une sirène en bois, altière, orne la proue d'un ketch.  Sur le pont des Arts, la foule habituelle de touristes mitraille le Louvre, indifférent. La coupole du Palais de l'Institut brille sous l'éclat de la lumière printanière. L'air est doux. Paris, ville qui l'a vu naître et qu'elle aime tant. Elle demande à passer quai de la Mégisserie, pour, une fois de plus, sentir l'odeur de terre mouillée des centaines de pots de fleurs et plantes, qui n'attendent plus que des balcons haussmanniens.  Des oiseaux s'affolent dans leurs cages, tristes prisons définitives face aux pigeons bedonnants qui picorent des miettes sur le quai d'en face.  Leurs pas s'accordent, les mots aussi.

L'envie d'une terrasse au soleil, un peu éloignée de la foule et du bruit incessant des voitures. Elle lui propose ce charmant restaurant, très parisien, où les serveurs en tablier noir y sont aimables si l'on sait les apprivoiser, le bar au fenouil-purée maison y est excellent, avec un verre de chablis, pour délier la langue. Sur le pont piétonnier qui permet de rejoindre Notre-Dame un contrebassiste en mal de payer ses factures les accompagne de son archet virevoltant, exhalant une suite de Bach. Paris est décidemment la plus belle ville du monde, se disent-ils, la plus romantique aussi, pensent-ils, pudiques, car ce serait alors indécent.

La journée s'étire, nonchalante, au rythme de leurs envies pédestres. En se dirigeant vers le musée Jacquemart-André, pour découvrir la collection Pérez Simon, quatre siècles de peinture espagnole, de Gréco à Dali, ils s'arrêtent rue Rembrandt, quelle heureuse coïncidence, devant une maison-pagode, bâtiment anachronique dans cette rue aux belles demeures très bourgeoises, dont les façades croulent sous les clématites et des rosiers odorants, en début de floraison. L'imagination prend le dessus : Pierre Loti aurait pu habiter là...

Musée Jacquemart-André, la foule se presse dans la moiteur de cette après-midi aux notes estivales.  Les semelles crissent sur le parquet, et devant leurs yeux éblouis de tant d'intelligence picturale, se révèlent  la féria de Valence, et une scène napolitaine, restitués par Aglada-Camarasala,  une tête du Christ, si humaine, d'El Gréco, le soleil du matin vu par Sorolla Y Batisda, le superbe portrait de femme de De Torres, sans oublier Miro, Dali, et ce nu de Picasso, réalisé au dos d'une carte de visite, à Barcelone, alors qu'il était tout jeune et si pauvre, mais déjà un génie .

Et soudain, elle oublie presque tout le reste. Devant elle, le portrait d'un vieux pêcheur. Son regard est pénétrant ; qu'elle se déplace à droite ou à gauche, il la fixe, intensément, totalement vivant.  Elle reste là, face à lui, tétanisée par la beauté prégnante de ce tableau de Sorolla. Encore lui, dont elle ne connaissait même pas le nom une heure plus tôt, et qui la bouleverse, une peinture qui donne à voir sa tendresse pour les petites gens de la mer.

Le soir tombe sur le canal Saint-Martin. Lumière douce sur la jeunesse qui a envahi les lieux, conversations animées aux tables de  l'Atmosphère , Arletty n'est plus là, bravant son julot de sa gouaille, de jeunes parents avec  poussettes,  des vélibs nonchalamment pédalés par des parisiens qui se veulent écolo-branchés l'ont remplacée. La vie, la ville est là, dans la splendeur d'une journée de printemps finissante.

Elle est seule désormais.

Jamais elle n'oubliera le regard du vieux pêcheur.

Ni ses mots.

Jamais .

Paris, Canal Saint-Martin, vendredi 23 Avril 2010.

 

mercredi, 10 mars 2010

L'avenir est là ...


 

Ils ont 18 ans, et plein de talent .

Merci Cathou .

Garder son coeur à l'écoute .

 



 

Dans la nuit parfois trop noire

Une lueur

La beauté surgit

D'une musique intemporelle .

Quelques mots jetés

Aux hasards de la vie .

Et soudain

Le coeur bat plus fort

L'espoir renaît

Peut-être

Demain .

Mais toujours

Peut-être

Demain .

Aujourd'hui

Ce serait bien .

 

 

vendredi, 05 mars 2010

Last chance...

 

 

Last chance

To find the one

who's going to

Be

Along the sea

Playing with the wawes

Telling me

Life is here .

vendredi, 29 janvier 2010

L'attrape-coeur..


 

 

Seize ans, la librairie Frémont, près du collège, juste pour l'odeur des livres, pour pouvoir les toucher, celui-ci peut-être, ou celui-là, oui, il a un joli titre, l'attrape-coeur....Pff, faut que je me dépéche, il est dèjà six heures et demi, ma mère va me tuer, et j'ai pas fait mon anglais pour demain, et il faut aussi  revoir mon piano, y'a examen samedi .

La porte chaussée...que j'aimais aller aux cours de musique quand l'école de musique était encore installée là ...gravir l'étroit escalier en colimaçon, s'arréter pour regarder la Meuse tout en bas, étourdie de tant de hauteur contemplée, grimper, grimper encore, et espèrer le croiser, lui, dans cet escalier si étroit que l'on serait obligés de se frôler, frisson merveilleux rien que d'y penser...Dommage qu'ils l'aient fermée, trop dangereux ils disent...

Vite, vite, je vais me faire engueuler... Oui, je sais, je suis en retard, mais je suis passée chez Frémond, pour mon livre de français, on doit lire Sartre, les Mouches, çà s'appelle,  oui, oui, je te rend la monnaie ; et j'ai aussi acheté un autre bouquin, mais avec mes sous, l'attrape-coeur çà s'appelle, de Salinger, un américain,çà a l'air bien ... Mais oui, je peux le lire, c'est de la li-tté-ra-tureeee,ils me l'ont vendu, donc je peux le lire ! Ouiiiiiii, je fais mes devoirs d'abord, oui, oui, je sais,  et mon piano ...elle m'énerve à toujours me dire ce que j'ai à faire !

Devoirs expédiés, piano....j'adore ce morceau...sonate au clair de lune....tout un programme...attaquer doucement.... caresser les touches....les yeux se ferment ... je joue pour lui....rien que pour lui...je porte une longue robe blanche... en organza....j'aime bien ce mot.....légéreté....pureté....il fait italien ce mot en plus.....il est pour moi.... ; bon, on se concentre.....je joue pour toi.... et tu ne le sais  pas.....j'imagine ton regard  dans le mien... tes lèvres s'approchant des miennes.... mes yeux se ferment.... andante....les larmes arrivent..... je suis avec toi.....flûte.... je me suis trompée.....je recommence.... concentration ....

Bon, ben voilà... il est parti mon rêve....deviendra-t-il réalité ?  Ca m'étonnerait, il ne sait même pas que j'existe, il n'a d'yeux que pour Evelyne, pff, c'est normal, elle a le droit de se maquiller, elle, et elle a aussi le droit de mettre des collants !! J'ai pas l'air  con avec ma mini-jupe et mes chaussettes qui montent jusqu'aux genoux !! Je veux des collants !! M'en fous si elle veut pas m'en acheter, je les achéterais avec mes sous !

Ce soir, avec ma lampe de poche, sous les couvertures, je commencerais mon livre.... l'attrape-coeur...

Qui attrapera mon coeur ...??

Toi ....?

 

Nota : pour Salinger...., pour une jeune femme de 36 ans qui a décidé que la Seine...., et pour Val .

 

 

mercredi, 27 janvier 2010

Jour de marché, opus no.1 part 2.


 

Il fait froid malgré le soleil d'hiver qui essaie maladroitement de réchauffer les doigts gourds des chalands . Chacun est précédé de son petit nuage personnel de buée, comme autant de petites bulles, celles qu'on voit dans les B.D, il manque juste le texte, il suffit juste d'imaginer ...

Momo est en encore en train de monter son stand, problèmes pour démarrer le camion ce matin, et en plus il a fallu gratter .

La vieille dame de la rue des récollets chemine à petits  pas prudents, le dos vouté par les années, perdue son manteau élimé, trop grand pour son corps fatigué .  Elle s'arréte pour souffler un peu, son regard si clair ne se fixant sur rien en particulier, un regard en dedans d'elle , dèjà ...

Des étals colorés, comme autant de bouquets plus ou moins adroitement assemblés ; les choux font la conversation aux carottes et aux navets ; par contre ils ne comprennent rien au langage des aubergines et autre courgettes, venues de pays si lointains,  brinqueballées dans des camions rafistolés, peu soucieux de la couche d'ozone, ni des points-carbone ; tout un voyage avant d'être frigorifiées par le froid de ce pays dont elles ne comprennent pas la langue, tatées, soupesées, avant de finir leur vie, plongées sans ménagement dans une eau frémissante afin de donner l'illusion à des estomacs affamés que l'été est bientôt là ...

Dans un coin de la halle, toute seule, il faut savoir la trouver, la boulangère qui fait de si beaux et bons pains aux graines aux noms enchanteurs, promesses de voyages lointains ...

Et il ya aussi Gé, le maraîcher bio., qui n'est pas là en ce moment ,car c'est l'hiver, et son jardin est vide, c'est la pause hivernale, la terre se repose, sagesse venue des temps lointains, où l'on savait encore respecter Gé ....

Surtout ne pas oublier de faire un crochet pour acheter un bouquet de mimosas, c'est la saison....

Et ne pas éviter Jo, le vendeur du journal des sans-abris, avec son visage défait par les galères accumulées, un peu timide,  bonjour à vous, merci pour la pièce ma petite dame, et bonne année !!

Repartir au chaud, les narines chatouillées  de senteurs... le pain encore chaud, la menthe pour le thé...

Et avoir dans l'esprit le regard de la vieille dame de la rue des récollets, en dedans d'elle, loin.... si loin ....

 

 

samedi, 23 janvier 2010

Jour de marché . Opus no 1.

 

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Camel d'un samedi matin où l'on s'étire longuement dans  son lit, où l'on prend le temps de révasser, bien au chaud sous la couette, l'odeur du café dans les narines...Par la petite fenêtre du troisième, sous les toits, un rose tyrien embrasse le ciel ;  annonciateur d'une belle journée ?

Dans la rue, en bas, devant la halle baltardienne,le remue-ménage... " Salut Gilbert !! Fait frais ce matin, hein ? Ouais, ouais, je me dépèche, je décharge encore çà, et je te laisse la place " " Alors Michel, il est frais ton poisson, t'as bien amarré ton chalutier ? y z'annoncent force cinq  dans les vignes  !! " " C'est çà, rigole !!  Encore une comme çà, et tu vas voir où tu vas les avoir tes rougets pour midi !! " " Bonjour La Chantal !! Toujours aussi fraîche et appétissante !! On en mangerait ! Tu me gardes une belle poule ? Je la prendrais avant de partir . "

Et çà s'interpelle, çà rigole dans la halle ouverte à tous les vents d'hiver ; les premiers clients arrivent, les plus matinaux, ceux qui se sont  toujours levés tôt, parce qu'il faut bien aller au boulot, même si aujourd'hui y-z'ont plus de boulot, parce que le temps a passé,et qu'ils z'ont fait leur temps, et qu'ils z'ont tout le temps, tout ce temps à occuper, désormais ; mais le samedi , c'est bien d'aller au marché tôt, c'est mieux, ya moins de monde, on est pas bousculés, et ya encore tout le choix, et après on est tranquille .

"  Bonjour Madame Guillot !! ça faisait longtemps .. Alors la santé ? Ah bon .. vous étiez à l'hôpital ?? j'ai pas su !! Il faut dire que je sors pas beaucoup ces temps, avec mon genou .. Oui, oui, çà va mieux .. Et vous alors ?? Aie !! çà pardonne pas, le col du fémur !!  Ah !! Obligée d'avoir une canne désormais ?? Remarquez, au moins ,vous vous sentez plus sûre .. Bon, je vous  laisse, sinon, je cuirais jamais mon pot-au -feu pour midi !! Le bonjour à votre mari ! " .

Les bruits montent jusqu'à la petite chambre mansardée ;  c'est samedi matin, c'est jour de marché . On va y aller....

On va prendre son panier, celui fait par Ratoune, le préféré, çà suffira pour aujourdh'ui, faut pas grand chose..des citrons pour le tzaziki de ce soir, pour amener chez Séverine, à l'annif' d'Ibrahim ; oui, bon, c'est pas la saison, ils viennent de chez pas où ces concombres d'hiver, pff!! Bravo l'écolo bio !! Oui, bon, mais ils sont bios mes concombres, ; et les potes, ils z'adorent mon tzaziki, et j'ai une excuse, c'est pour l'annif' d'Ibrahim !! Par contre, pour trouver de l'aneth fraîche, çà va être coton ! Tant pis, on se rabattra sur du congelé, ce sera bon quand même avec l'aïl du jardin bio de maman . Faut quoi encore ? Ah oui !! des pommes pour la tarte Tatin de demain, çà fera plaisir à Alex, il en mange pas de la comme çà à l'internat !! Avec la côte de boeuf de Ratoune, de la viande bio de chez bio, elles mangent pas n'importe quoi les jerseyaises de Ratoune, toujours aux prés, et l'hiver aux gratons bios, miam, on va se régaler  !! quelques rates du Touquet bien roëisties à côté, un bon petit Bourgogne du côté des fagots, et hop !! elle est pas belle la vie ?

Ne pas oublier Télérama et le Monde du samedi, un petit café au Red, en terrasse s'il ne fait pas trop froid, les copains vont passer, en allant ou rentrant du marché, on pourra cloper en paix ,et hop, une matinée sympa de passée . On se voit ce soir  chez Séverine , ouais, on a le cadeau, c'est Séverine qui a payé  ...Cette aprém' ?? sais pas !! Soldes et/ou piscine, on verra ... Ok , à ce soir ...

C'est samedi matin, c'est jour de marché .

 

 

Zebekiko


 

Les soirs où le coeur est trop lourd

Que la retzina  du tonneau coule dans les veines

Il suffit de se lever

Au son du zebetiko

Pour danser

Danser encore

Seul dans sa nuit

Pour oublier

Un instant

Un instant seulement .

 

Remarque : Merci à Dornac, pour m'avoir fait découvrir cette vidéo et les informations correspondantes : " tu es là-haut.." .Le danseur est le poéte grec Dimitris Hirsitodoulou ,et dans l'assistance, attablé, se trouve  un autre poéte, un des plus grands auteurs grecs, Yannis Ritsos .

 

 

mardi, 19 janvier 2010

Valse triste


La tristesse recèle aussi la beauté....