dimanche, 08 novembre 2009

Spleen

 

Xaris Alexiou .

 

Il pleut sur la ville ce samedi de novembre . La place se vide, midi a sonné depuis un moment au carillon de la basilique . A la terrasse, deux amies  papotent devant un kir à la framboise. Un jeune homme  parle tout seul, son molosse a l'air placide à ses pieds . La façade hollandaise aux douces ondulations côtoie, stoïque, la maison champenoise aux pans de bois . Le pain est chaud dans le panier, invitation à grignoter . Une dame bien coiffée tente de se protéger des gouttes insistantes, un sachet plastique sur la tête, en courant mal assurée sur ses talons trop élévés . Indifférents à sa détresse deux amoureux s'étreignent devant la vitrine du photographe, où sourient niaisement des mariés trop apprétés . Un tout jeune homme passe,en t-shirt, son sac à dos d'étudiant sur l'épaule. Pour lui, foin de pluie, il dégouline, mais il s'en moque, il est ailleurs. Sous l'auvent, d'incorrigibles fumeurs, trois hommes, face à face en un cercle complice, parlent une langue aux intonations slaves . Leurs mots semblent une longue mélopée aux oreilles non exercées à ces syllabes gutturales . Les génes ancestraux remontent à la surface, c'est du polonais on dirait . La pluie redouble sur la toile de l'auvent, égrénant ses percussions automnales . Le thé, longuement infusé, réchauffe et nettoie des excés de la veille . Encore un autre de ces héritages ancestraux, comme ce spleen du samedi matin, à la terrasse du café .

 

 

lundi, 02 novembre 2009

Le femme à la fenêtre .

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Salvador Dali .

Depuis toujours elle est ailleurs . Face à la mer, son esprit s'évade vers des contrèes connues d'elle seule . Son regard porte loin, son esprit vagabonde, elle attend . Accoudée à sa fenêtre, elle respire la liberté de possibles imaginés, là-bas, ou ici, pourquoi pas . Son corps s'est alourdi des peines accumulées, chagrins immenses dont les traces se sont imprimées en elle, blessures indicibles infligées par des hommes maladroits .
Souvent, elle a failli abdiquer de tant de méchancetés, mais la vie à chaque fois fut plus forte, et elle a su retrouver des fragments de son âme d'enfant . Une enfant qui parlait aux fleurs et aux chevaux, qui regardait le soleil droit dans les yeux et qui s'inventait un monde fait d'entrechats, de légéreté, de sourires et de mots comme des caresses, un monde où régnaient la beauté et la douceur .
Le temps a passé, les entrechats se sont envolés, les pas sont moins assurés, le corps moins léger . Une pluie fine à sa fenêtre lui parle de l'automne, de mélancolie et de solitude . Et pourtant, elle veut encore regarder à sa fenêtre les grands arbres qui se balancent dans les gouttes, imaginer la pluie sur la mer, et encore rêver à un demain où enfin, elle pourra saisir à pleines mains les doigts du bonheur .

samedi, 31 octobre 2009

As-tu dèjà aimé....

 

Il s'appelle Alex Beaupain et a écrit les chansons du très tendre film' les chansons d'amour' de Christophe Honoré .

Sur le chemin...

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Sur le chemin...des mots ...qui se transforment au gré du clavier...
Et soudain envie...devient enive...et il ne manque... qu'un air... ou deux r pour.... l'enivrer .
Les mots se laissent plus facilement apprivoiser que les hommes .
Mais ils s'échappent parfois, disparaissant brusquement au gré des dysfonctionnements... les mots ... comme les hommes ...
Ils surprennent aussi... quelques secondes d'inattention et la magie surgit...parfois ....
Sur le chemin... au détour d'un sentier...la beauté aussi surgit....une lande quasi désertique...le faing...balayé par un vent vif qui rosit les joues, au sommet d'une colline vosgienne, un jour d'automne .
Sur le chemin...un musée au nom italien.... au pied des Alpes vaudoises...et une étreinte...dans le jardin....celle de Rodin....devant laquelle on s'attarde....
Sur le chemin anatolien ...dans la nuit....des grues cendrées, en route vers des contrèes plus clémentes, qui manifestent leur présence...magie de la nature au milieu de la ville endormie....
Sur  le chemin...sentir en imagination l'odeur du varech...voir une plage au petit matin...s'y promener en révant ...
Sur le chemin ...mais.... quel chemin ?


mercredi, 21 octobre 2009

Time after time....

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Juste....à écouter ....sans fin ....

lundi, 05 octobre 2009

Moment de gràce infinie...


 

" L'intelligence, c'est proposer à l 'autre ce qu'on a de plus précieux

En faisant tout pour qu'il puisse en disposer

S 'il le souhaite, quand il le souhaite .

L'intelligence, c'est l'amour avec la liberté "

Christian Bobin .

 

 

samedi, 26 septembre 2009

Demain...

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Pouvoir capter les reflets de lune sur la baie de Somme une nuit douce d'automne, comme un tableau de Soulages ;

Se balader dans les rues de Montmartre le coeur léger

S'asseoir une terrasse au milieu de la montée des escaliers

Commander un bon vin et deviser doucement dans le soir ;

Admirer les couleurs de l'automne vers le chêne à la Dame en respirant à pleins poumons l'humus de la terre bourguignonne

S'enfoncer dans le bois à la découverte des trompettes et pieds de mouton qui friront doucement plus tard

Dans les senteurs d'ail et de beurre frais, avant d'être dégustés avec un bon verre de Saint-Aubin ;

Rêver à la douceur de la vie, bercée par le vent, sous les frondaisons de la charmille

En regardant les écureuils danser leur sarabande innocente ;

Marcher dans le matin calme le long de la plage du Touquet le pied léger à jouer avec les vagues

S'arréter non loin du banc de sable où les mouettes se sont rassemblées, pour ne pas les déranger ;

Descendre doucement le regard portant loin, le chemin vers la plage de Beg Leguer à travers la caresse des fougères ;

Longer le chemin de ronde de la Rochelle das la lumière du soir en écoutant les bateaux quitter le port ;

Rêver...ne jamais oublier de rêver en regardant les nuages défiler dans leur cortège de formes familières devinées ;

Le coeur en paix, enfin ... demain .

 

 

 

 

 

 

 

 

 

mardi, 15 septembre 2009

L'été s'en va...

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Chacun s'en est retourné dans ses occupations alimentaires, vers le sud, le nord ou l'est .. Eparpillés ici et là, préoccupés par les horaires, les contingences matérielles, les cours à préparer, le chariot de supermarché à remplir pour nourrir la maisonnée., tout va trop vite...peu de temps pour soi...tout noter pour ne rien oublier ... flûte ...les impôts à payer ...welcome back home ..
Mais l'envie soudain de faire une pause, voler quelques instants au temps...tout arréter ...
Se souvenir des moments passés autour de la table...Pfff...qu'il fait chaud aujourd'hui...comment ça les tuiles ne seront là que demain  !!! ..... Qui veut du café ? ... Oh ! regardez, elle dort .... Les voix se font  plus douces ... les bruits de tasse plus feutrés....on est bien....Qui ose parler de la rentrée ??.... il est bon ce morgon...tu l'as trouvé où ? ....allez...moi, je fais une petite sieste avant de remonter sur le toit .... t'as raison, moi aussi....
C'est encore l'été .... les derniers jours avant de repartir.....là-bas....ici...
Ici, le ciel a décidé de faire grise mine, mais l'air reste doux...et l'envie est là...de retrouver les mots amis....quelques instants de beauté....des moments de paix... juste pour être bien....ce matin....même si l'été s'en va....
Envie de revoir la mer... Je pense à toi Ariaga .

vendredi, 24 juillet 2009

Theos an einai....




Il arrivait à la nuit tombée, une chemise blanche sur un jean sans âge . Toujours à la même table, face à la mer, tournant le dos aux autres attablés, la lumière du photophore comme seule compagne . Pas besoin de commander, la retsina du tonneau et le soda arrivaient aussitôt, un seul verre . Il restait là, entouré de la fumée de sa cigarette, des malboro light, toujours, à regarder le lent ressac égéen, le regard portant loin, vers Kassandra. Les heures passaient ; autour de lui, la valse des assiettes, mezzé et ouzo,  rires et discussions sans fin dans toutes les langues, et surtout le regard des femmes, qui coulaient vers lui mais  ne l'atteignait pas . Dans l'air doux, l'odeur des olives mûrissantes mélée à celle de l'origan planté dans de vieux pots en ferraille, sensé éloigner la valse des moustiques . Dans la nuit étoilée s'élevait une voix, la voix de l'alma grecque, pleine de regrets et d'espoirs, envoûtante . Ses lèvres muettes accompagnaient les les lentes mélopées ,ses yeux tournés vers un ailleurs seul connu de lui . Ce soir-là, la lune apparut dans un halo rouge, to kokkinw fengari . Alors il se leva, et lentement, avec de gestes d'une élégance rare, accompagna cette voix unique,  dans cette communion où les âmes déversent vers les étoiles leurs douleurs enfouies ...

Theos an einai...k'an m'agapei kaneis ...

Si Dieu existe....alors que quelqu'un m'aime ......

mercredi, 15 juillet 2009

L'attente .

 

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Les rires se sont tus, les mots envolés, chacun est reparti vers son ailleurs affairé . Bientôt les retrouver, s'asseoir à cette table de l'été, à l'ombre du figuier, et s'imprégner de leurs sourires, de leurs présences amies, et les regarder vivre, chacun cachant le mieux qu'il peut ses blessures . Parler avec esprit, et se moquer aussi, tout pour éviter les mots essentiels, ceux qui peuvent raviver les peines enfouies, ceux que l'on ne confie que rarement, au coeur de la nuit,  quand les défenses se font moins  denses, que les barrières érigées à grand peine s'entre-ouvrent, un verre de Bourgogne à la main, pour se donner du courage ,celui de se mettre un instant  l'âme à nu, avant que la pudeur nous rattrape, et que se referment doucement les volets des vérités  assassinées . Préserver ces instants, où chacun reprend des forces pour continuer la combat de sa vie, exister à tout prix, continuer le chemin, chacun pris dans les méandres d'existences  tourmentées, mais lissées par la pudeur de la rectitude de soi . Être là, au bout de la table, à regarder et écouter ces êtres chers réunis dans la pause estivale, et se laisser bercer par la musique de leurs voix .

Ce temps va venir, demain ou plus tard .

Derrière le volet de bois à demi-baissé, la vie s'écoule doucement dans la petite ville assoupie, à  moitié vidée de ses occupants, partis vers d'autres contrèes voir si le ciel est plus bleu . L'enfant grandi trop vite, qui a retrouvé son berceau égéen, auprès de la figure paternelle trop souvent absente, doit encore dormir, apaisé par le bruit de la mer toute proche, sous l'ombre des oliviers centenaires .

Une pause, les doigts sur le clavier, dociles, attendent, fébriles et patients à la fois, d'aligner les signes de pensées désordonnnées, qui veulent jaillir et hurler, mais qui seront une fois de plus adoucies par la peur de l'impudeur, à partager avec des inconnus ses pensées les plus intimes . Et pourtant ....

L'attente prend aux tripes, l'envie de vivre est là, tapie au creux de replis disgracieux, sous les rides infligées par le temps ; envie de rire, envie de partager, besoin profond de retrouver ces doux frémissements annonciateurs de plaisirs partagés, ceux qui suspendent le temps, souffles mélés, dans la légéreté d'une main qui s'avance, hésitante, vers un ailleurs désiré, où se perdre,  pour essayer de rassembler ces fragments de vie épars, et se retrouver, dans la magie d'un instant fragile, être soi, encore une fois .