vendredi, 03 juillet 2009

Les signes .

 

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Les bancs sont rentrés, le ballon rouge abandonné, les hamacs décrochés et le linge sec ramassé . Les écureuils sont partis se cacher, et le chien s'est couché devant la cheminée . Les petits jouent dans la salle de bal,  on entend leurs cris et leurs rires par les fenètres ouvertes . Une mélodie de Satie accompagne leurs ébats, c'est l'heure du piano . De la cuisine s'échappent les fumets prometteurs d'agapes dînatoires, les feuilles de la vigne vierge se balancent doucement, les yeux se ferment  sur le livre entamé, tout est calme au château . Il suffit de se laisser bercer par le frémissement du vent, et déguster l'instant .  Moment de répit, où le coeur et le corps battent à l'unisson de la vie . Un bourdonnement soudain, une lumière qui clignote, le charme est rompu . Le bras nonchalemment se tend, les pupilles s'ajustent ...Tu vas ?  ... Un prénom presque enfin oublié, de tant de larmes versées, un lieu-dit " la belle idée", un matin de juillet . La gorge se noue, les pensées s'envolent vers ces quelques heures de bonheur volées, et tous ces mots échangés  sur deux vies malmenées, qui trouvaient pour quelques heures des instants de paix . Des grondements sourds se  rapprochent, des éclairs marbrent  le ciel . Cà  y est, il pleut .

 

 

dimanche, 28 juin 2009

Sous le volcan .



I know the place
But it's all erased
You can't rectify me

You walk and you talk
Like it's nothing at all
But it can't rectify me

I know your name
For us it's the same
But it's nothing to me

Ya, I know the place
Where I fell; you've fallen
It's so tiring

Oh, never mind me

Going to find me a volcano that's all mine
Going to buy me a ladder I can't climb
Fall in love with a woman I can't find
Going to find me a volcano that's all mine

Well it's all in here
The wiring's weird
It's volcanoes I'm looking for
I was born to dive

I know the place
But it's all erased
You can't rectify me .

Pour Geoffrey  Firmin .

vendredi, 26 juin 2009

Il était une Foy...

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Bousculades, éclats de rires, bonjour toi, t'es allé en cours aujourd'hui ? pff, trop fatigué d'hier soir, Manu y est allé pour tout le monde, il avait 8 carbones , j'te dis pas, illisible le cours de Tartenpion le bégue, mais bon, on fera avec, les partiels c'est dans un mois , on a le temps.

On fait quoi ce soir ? Attend, on décidera quand tout le monde sera là. Viiite, ils s'en vont au fond, ya enfin une table de libre, on peut prendre la chaise ? Merci . Cafés pour tout le monde ?  non, moi je prends un demi !  Mais j'ai pas un rond, Phil ? tu paies pour moi et je te rembourse demain ? 5 cafés et un demi s'il vous plaît .

Quel concert hier soir !! Son impeccable! Comme sur leurs albums ! Carlos joue vraiment comme un dieu ! Le Brésil live en Anatolie !

Ana quoi ??

Ana...lphabéte !!  Bon ,c'est pas le tout, on fait quoi ce soir ?  Ya  Easy rider qui repasse au Caméo. On y va ?

Bof, pas envie moi, ferais un bien un tarot cool .Mais pas au fric, suis fauché . Bon ,vous arrétez de vous bécoter vous deux, on cause !

Alors, vous décidez quoi ? Eh , t'écoute ? Au lieu de reluquer le mec des Beaux-arts, tu ferais mieux d'écouter c'qu'on dit . De toute façon, t'as aucune chance avec lui, il sait même pas que t'existes .  Ils se mélangent pas à la masse, eux . C'est son tambourin sur la tête qui t'fais chavirer  ? J'en achéte un demain si tu veux . Et pour la barbichette, pas de problème , faut juste que t'attende un mois et c'est bon .

T'as pas une clope ? J'irais en acheter tout à l'heure . T'écris quoi encore sur ton carnet ? montreee !! Tu te prends pour Beauvoir ou quoi ? Eh, t'es pas au Flore !

Bon, alors, on se l'fait ce tarot ?

 

Des annnées plus tard, un concert avec un avion sans ailes, un chanteur avec une barbichette et un drôle de galurin sur la tête ...

Il était une Foy .

 

 

 

mercredi, 24 juin 2009

Strange .

 

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La rue est presque vide. Le vent soulève un journal abandonné par un lecteur lassé, les corps se hâtent vers un ailleurs douillet . Il n'a pas froid, son grand corps enveloppé dans son manteau de cachemire si doux,  et le coeur chaud de souvenirs qu'il croyait enfouis à jamais .  Cette voix oubliée, dans le lointain de ses 20 ans,  qui a ressurgie un matin  de novembre . Se rencontrer, pourquoi pas . Dans ce café élégant, au parfum de l'ancien temps,  l'Excel', comme avant .

Elle m'attendait alors, les cheveux en bataille, dans un de ces grands pulls informes qu'elle tricotait dans les trains, un paquet de gitanes sans filtre à portée, le petit noir, et son carnet, près du cendrier . Sur une des banquettes en  moleskine, elle s'asseyait toujours à côté d'une fenêtre, pour me voir arriver disait-elle, et aussi pour regarder ce monde, qui la fascinait tant . Et nous nous retrouvions, ivres de cet amour éperdu, qui durerait à jamais, bien entendu .

Les balades à la Pépinière, le bouquiniste de la Grand-Rue, et surtout ce lit où nous passions des heures à inventer des gestes, des mots, seuls connus de nous, à lire aussi, beaucoup . Notre fille s'appellera Chloé, comme dans l'écume des jours, et si c'est un garçon, ce sera Jonathan, le goéland épris de liberté .  Elle savait m'enchanter, et en elle je me perdais, en toute éternité . Chaque samedi, un rite : elle faisait semblant de dormir encore, et je descendais acheter les croissants au beurre de la boulangerie d'en dessous, et  aussi et surtout le fanzine de ma jeunesse, celui aux super héros, que je dévorerai auprès d'elle,  avec le même appétit que la vie .

Je pousse la porte à tambour, elle existe toujours . Il n 'y a plus cette atmosphère enfumée d'alors, mais je retrouve cette  odeur du passé  . J'ai les mains qui tremblent . Le long bar, derrière lequel s'empressent toujours des garçons affairés,  les tables polissèes par tant de coudes posés, pour moi rien n'a changé . Je traverse la salle d'un pas décidé, pour ne rien laisser paraître de l'effroi qui me transperce... Elle n'est pas là . L'émotion retombe, un vide m'étreint . Je me pose dans un coin, et je l'attends .

Ici un couple d'étudiants, une pile de livres posée entre eux ; ils rient, leurs doigts se croisent, ils sont heureux . Plus loin, un vieux monsieur, le Monde ouvert devant lui, sirote un anis dans un verre au col évasé . Là, une mère et sa fille au vu de leurs visages reflets, déballent leurs derniers achats, une écharpe rose  pour la jeunette, des gants de pécari pour sa géntirice . Près d'une grande baie, une femme entre deux âges, comme on dit . De longues cernes trahissent ses nuits sans sommeil, le cheveu triste, égayé à peine par une barette de bois, empêtrée on dirait, dans des couches adipeuses, qu'elle a essayé vainement de dissimuler dans une robe de laine informe ; son regard triste est ailleurs .

J'attends. Je l'attends . Poussera-t-elle le battant ou bien, consciente qu'il est vain d'essayer de revivre le passé, elle a pris peur et s'est enfuie ... Je l'attends encore, comme je l'ai espérée,  si longtemps, bien avant .

Elle ne viendra pas . Elle ne me charmera  plus de son sourire si doux, de ses courbes affolantes, me murmurant son amour pour moi, comme avant . Je me lève et je quitte ce possible demain qui ne sera pas, je vais retourner vers mon présent .

Je longe le café de mon espoir déçu, et  je croise le regard de la femme à la fenêtre . Devant elle, posé à côté de sa tasse, un magazine . Sur la couverture, un surfer d'argent . Sans le voir, j'en connais le titre : Strange .

Je me hâte, car il fait trop froid .

 

 

 

Miroir sans tain .

 

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Dans ce silence peuplé de déchirures lancinantes, des portes claquent . Peurs du néant hurlées avec flamboyance, émotions prégnantes murmurées comme des caresses, mots savants ordonnés avec justesse, petits riens devenus grands . Labyrinthes enchevêtrés qui se bousculent, dénoués par le fil d'Ariane de la toile, des vies se croisent . Les yeux se posent,  le regard se perd vers ces ailleurs si vivants . Riches de leurs émotions, ils nous donnent à rêver à ce qui ne sera peut-être jamais . Un rivage apaisant, un sourire esquissé, une main qui se tend... et puis plus rien . Juste le silence . Face à soi, un miroir sans tain .

 

samedi, 20 juin 2009

Trois petits pas...

 

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Un petit pas ...

Dribbler le grand rouquin, un petit pont, courir, courir encore, ils ont réagi trop tard, il faut marquer, il reste à peine cinq minutes de jeu, quelle chaleur, aie, revoilà l'rouquin, vite, vite, le goal m'attend dèjà, une feinte, prendre appui sur la jambe droite, ajuster, et tirer dans la lucarne.. buuuuuuuuuuuuutt !!

Un petit pas...

Saint-Etienne a mieux joué, ya pas à dire, on n'a pas su saisir l'occasion après la mi-temps pour égaliser, quelle déception, on aurait pu la gagner cette coupe de France, mais bon, faire bonne figure, grimper les marches, il est là, immense stature bien connue, notre président, réajuster mon brassard, lisser mes cheveux, prendre une grande respiration, émotion ... Il se baisse vers moi, le grand Charles, félicitations, beau match, il me serre la main, mais la coupe est bien loin, tant pis, je l'ai rencontré, et ce moment-là, je ne l'oublierais jamais, jamais...

Un petit pas...

Il fait chaud, tiens, une femme vient vers moi, je dois m'asseoir, je suis épuisé, mais je dois fermer les volets, avant d'aller me coucher, où est la clé, elle n'est pas à sa place, la retrouver et tout fermer, avant d'aller me coucher, pour être en forme demain, on joue contre Reims.

Il est midi dans le jardin, c'est l'heure du déjeuner .

L'aider à monter les marches, à petits pas .

Bonne fête papa .

 

 

jeudi, 18 juin 2009

Pensum ....

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- Dèjà deux cafés de Georges et deux cigarettes roulées depuis 7 heures du matin : à quand fumer en dormant la tasse à la main ? Trouver un moyen .

- Quinze kilogs de trop et la glace de la salle de bains qui prend peur : décider de s'inscrire au marathon de New-york ou  à Miss monde Botero .

- Les traces sur les vitres font un filtre naturel au soleil qui a décidé de taper fort : commander des carreaux qui ne retiennent pas la poussière ou fermer définitivement les volets.

- La paperasse s'accumule ici et là, factures autres joyeusetés délivrées chaque jour par un facteur zélé : piéger la boîte aux lettres avec une trappe à souris  ou engager un secrétaire particulier .

- Elevage de nounours partout dans l'appartement : ouvrir un zoo ou ne plus les nourrir pour qu'ils s'entre-dévorent .

- Amoncellement de vêtements oubliés consciencieusement sur tous les endroits où  poser : organiser un vide-appart'-broc'  ou acheter des cintres .

- Etagères remplis de documents de dix ans qui ne resserviront jamais : faire un feu avec la maîtresse au milieu ou continuer à entasser jusqu'à ce que une étagère s'écroule de nouveau .

- Cheveux filasses et couleur naturellement agrémentée de fils blancs : se raser totalement le crâne ou mettre un tchador.

- Boulot on ne peut plus ( totalement même) déprimant désormais : mettre le feu au lycèe ou créer un clone qui fera le boulot à ma place.

- Coups de téléphones insistants d'un banquier payé au rendement : jouer à l'euro-million et gagner ou 's'exiler au fin fond de l'Amazonie dans une tribu qui vit encore du troc ( les SELs ils ne connaissent pas ) .

- Ronflements jusqu'à midi d'un adoleschiant qui a oublié qu'il pouvait être charmant et qu'il fallait travailler au lycèe : changer de fils ou d'un coup de baguette magique ( mais où j'ai bien pu la ranger ? )  ou le transformer en surdoué qui passe ce matin le bac de philo .

- Nuits solitaires à lire, entre deux micro-siestes, tous les polars lus dèjà deux fois : louer les services d'un chippendale ( mais y en a-t-ils qui lisent  Pascal Quignard ou Amos Oz ? ) ou matérialiser l'homme imparfait de mes rêves,  en ayant résolu la théorie de la relativité, celle des  cordes (rien à voir ! ) , et m'être transformé en docteresse Hyde, avec seulement les bons côtés ...

Que de pensées ce matin , je suis épuisée .... Bon, je vais  m'en retourner lire des blogs et mails amis avant de relire la liste !

 

PS : L'humour sauve-t-il de tout ? même du désespoir ?

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mercredi, 17 juin 2009

Magie

 

 

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Une nuit d'été dans un Morvan millénaire, des rires d'enfants, le crépitement des flammes, des mots chuchotés, le regard fasciné par le la danse des flammes, un souffle chaud sur le visage, les pensées qui s'envolent ... Un papillon dans un rai de lumière, une aube sur une plage bretonne, une main amie sur une épaule, la beauté de marches de pierre usées par des pieds disparus, un dauphin entrevu un matin de Pâques grecque, des  caresses murmurées  par une voix amante, un chien jouant avec un jeune chacal égaré sur le rivage, le premier regard de l'enfant que l'on a porté, tous ces instants de gràce infinie que l'on portent en soi, réapparus, gràce à une petite pâquerette fragile, née du regard attentif  et tendre d'un homme sans nom . Magie .

samedi, 13 juin 2009

Furieusement Dada

 

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Un bimbo déchainée, des crs dépassés, un vendeur de langues de belle-mères incompris, un garçon azymuté par l'amour pour une belle, une infirmière solitaire, un pierrot lunaire à casquette, et bien d'autres encore ont envahi la rue . Du haut de la terrasse, plongeon dans notre monde déjanté . Les voitures sont bannies, alignement de carrés pourpre et blancs où poser des séants complices, elle est belle ainsi cette rue. Un enfant accroché à son père, des couples enlacés, une foule attentive, qui rit, s'émeut et s'étonne, interpelée sur les dérives de notre société . Etre là à regarder, accoudée à la pierre rugueuse, si près et si loin aussi . Ne pas pouvoir se méler  et pourtant participer . Des amis entrevus, qui rejoignent  le perchoir, loge éphémère pour des instants hors du temps policé . Regarder vers le bas,  et pour une fois, ne  rien regretter .

Spectacle " Ruhs" de Délices DADA dans le cadre du festival Furies 2009 .

vendredi, 12 juin 2009

Odyssea...

 

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Dans les nuages ... Invitation au voyage des souvenirs ....

Le tempo d'un piano déglingué accompagne le chant des oiseaux, une mélodie venue d'un ailleurs si prégnant, réminiscences d'un bouzouki dans la nuit . Une barque  au sec sous  un pin méditerranéen , des octopus qui sèchent au soleil, les terrasses où il fait si bon  le soir, quand la chaleur est moins forte, odeurs des olives qui mûrissent dans les arbres centenaires, cris des mouettes  au dessus de l'écume égéenne, des vagues héllènes me reviennent ...

L'odeur du café dans un matin éclatant, bu sous l'ombre de l'arbre majestueux, en écoutant religieusement Christo le sage, lui qui est pourtant si avare  de mots, préfére souvent le silence ; les  traces de pas sur la grève encore délaissée , le chien qui joue ave un papillon facétieux, l'enfant qui ne peut commencer à marcher vers le monde qu'avec le soutien d'une feuille  d'olivier tenu entre deux petits doigts potélés...

Les senteurs du basilic, planté dans un vieux bidon en ferraille, marqué élaioladi ; le tableau inachevé de Mikaelis qui attend ses pinceaux, et le verre d'ouzo posé à côté du chevalet ; la voix haut perchée de Chrissoula chassant le chat de la cuisine , le bruit  d'un couvercle posé sur la  casserole où cuit le stifado de midi ,les hoquets du moteur de  la barque de Thanasis le pécheur , tout cela est loin .

C'était pourtant il y a un instant...dans une autre vie .